Aujourd'hui, selon diverses estimations, manqueraient en France plus de 500.000 logements. Cette pénurie génére inévitablement une hausse des prix et un choix très sélectif des locataires de la part des propriétaires qui opteront bien plus facilement pour un couple de fonctionnaires qu'un salarié en CDD.
Immanquablement, certains Français peinent à trouver un toit. Le parc social est par essence destiné à ces personnes modestes. Or, force est de constater que ce n'est pas la majorité des cas : seul 1/5 des logements HLM est occupé par des ménages dits "pauvres", le reste l'étant par des moins pauvres ou par des personnes bénéficiant d'un avantage accordé à une époque qu'ils ne sont pas prêts de céder.
Mais pourquoi une telle carence en logements ?
D'une part, les besoins ont été sous-évalués : le nombre de ménages croît plus vite qu'escompté pour cause d'immigration (plus de 700.000 arrivées nettes au cours del dernière décennie) et d'augmentation des divorces (là où un toit suffisait, il en faut désormais deux).
D'autre part, la lenteur des travaux a produit ses effets : entre 1984 et 1998, le nombre de nouveaux logements par an atteignait à peine les 300.000, alors qu'au début des années 1970, il y avait 500.000 contructions annuelles. Ce n'est qu'en 2005 que le seuil des 400.000 a été dépassé.
Bien sûr ce ralentissement de la construction a, lui aussi, une explication. L'Etat n'aurait pas financé suffisamment et pourrait contribuer davantage. Certes. Mais ne s'agirait-il pas, aussi, d'utiliser les sommes différemment ?
En outre, au-delà du prétexte financier, il est indéniable que la protection des locataires dissuade les investisseurs privés. Il faut alors les inciter via des mesures fiscales très avantageuses. S'ajoute bien évidemment la pénurie foncière : bon nombre de terrains sont bloqués par l'Etat ou les collectivités et des recours interminables sont alors nécessaires.
C'est ainsi qu'est né le droit au logement opposable. A force de focaliser les médias sur les sans-abri, les mal-logés, ce droit d'action contre l'Etat ou les collectivités locales a vu le jour, afin de libérer des terrains, de rendre occupables des logements vacants, de faire respecter davantage les obligations en matière de logements sociaux.
Néanmoins, compte tenu des délais des recours juridiques en France, cette nouvelle mesure paraît peu crédible et manquerait d'efficacité.

