Traditionnellement, la femme bénéficiait pendant sa période de retraite des pensions versées à son époux, puis d'une pension de réversion au décès de ce dernier. Or, ce schéma familial est de moins en moins fréquent. Le nombre de divorces va croissant, tout comme les unions hors mariage, ce qui impacte fortement le montant des retraites des femmes.
L'Ined vient d'ailleurs de publier récemment un panorama des situations dans d'autre pays européens qui connaissent une évolution similaire, c'est-à-dire un écart de pensions entre hommes et femmes, toujours défavorable à ces dernières (à noter d'ailleurs que la France se situe grande première dans ce domaine, avec une retraite des femmes représentant 48% de celle des hommes, contre 68% en Suède). Le déséquilibre entre les retraites hommes/femmes s'explique notamment par le temps partiel pratiqué par bon nombre de femmes, et par la rémunération moins élevée qu'elles perçoivent.
Le mode de calcul des retraites doit donc nécessairement être repensé. Des solutions sont envisageables pour rétablir un tant soit peu un juste équilibre :
- limiter le lien strict entre cotisations et prestations, via les minima de pension : c'est le cas de la pension forfaitaire au Royaume-Uni ou du minimum contributif en France. Le but est de relever le niveau des retraites. Mais il s'agit de réduire les écarts sans véritablement les supprimer.
- instituer une véritable politique d'égalité salariale et de conciliation entre le privé et le professionnel : il s'agit là de la défense de la parité stricte, applicable tout au long de la carrière; l'inconvénient est la disparition peu à peu des mécanismes compensatoires dont peuvent jouir les femmes.
- instaurer un partage des droits à la retraite dans le couple : ce système est appliqué en Allemagne et au Royaume-Uni ; il s'agit de répartir équitablement entre les conjoints le montant des retraites globales. Cette méthode permet d'individualiser les droits acquis, notamment en cas de divorce.
- recourir aux droits familiaux : cette solution est la plus fréquemment appliquée. Elle permet de prendre en compte l'effet des enfants sur les carrières en accordant des droits sans cotisations supplémentaires pour l'assurée (en France, il s'agit de la majoration de la durée d'assurance de deux ans par enfant, de la majoration de la pension de 10% à partir du 3è enfant). Toutefois, cet octroi de droits semble discriminatoire à l'égard des hommes, qui n'en bénéficient effectivement pas en France ; en Italie, en Allemagne ou en Suède, le couple définit lequel des deux conjoints jouira de ce droit.
